Le Maroc commande deux drones de surface néerlandais pour la lutte contre les mines et anti-sous-marine

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La Marine royale marocaine a commandé deux véhicules de surface sans pilote (USV) de fabrication néerlandaise, destinés à la guerre des mines et à la lutte anti-sous-marine, dans le cadre d’une licence d’exportation de 13 millions d’euros divulguée par le gouvernement néerlandais. Cet achat ajoute une couche de drones navals à la modernisation maritime marocaine, alors que Rabat observe la montée en puissance de la flotte sous-marine algérienne.

Photo : un patrouilleur côtier de la Marine royale marocaine. Crédit : Manuel Luís Soto Sáenz, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Les Pays-Bas ont approuvé cette exportation dans une lettre adressée en juillet à la Chambre des représentants, et la commande a d’abord été révélée par Unmanned Africa avant d’être reprise par le média marocain Médias24. Ni le document gouvernemental ni les relais de presse n’identifient le constructeur ou ne fixent de calendrier de livraison, mais tous deux précisent la mission de ces deux véhicules de surface et la justification avancée par La Haye.

Deux véhicules, deux missions

Le contrat porte sur deux véhicules de surface sans pilote, accompagnés de capteurs, d’une station de contrôle de mission, de pièces de rechange, de documentation opérationnelle, d’équipements de soutien, de formation et de services techniques. Selon Médias24, ces systèmes seront intégrés aux équipements anti-sous-marins et de lutte contre les mines déjà en service au Maroc avant leur mise en œuvre, plutôt que de constituer une capacité autonome.

L’évaluation néerlandaise décrit des véhicules capables de missions de plusieurs jours avec un haut degré d’autonomie. Pour la guerre des mines, cela signifie la reconnaissance des chenaux et des approches portuaires, avec transmission des contacts détectés à des opérateurs humains, afin de maintenir les équipages hors des champs de mines. Pour la lutte anti-sous-marine, cela se traduit par des patrouilles sonar de longue endurance sur les points de passage et les approches maritimes — exactement le type de mission persistante et à faible risque qui pousse les marines du monde entier vers les véhicules de déminage sans pilote depuis une décennie.

Le gouvernement néerlandais a précisé que ces véhicules ne sont pas des navires de guerre miniatures : il les a classés comme embarcations côtières de petite à moyenne taille destinées exclusivement à des missions défensives, indiquant au Parlement que ces plateformes « ne peuvent être déployées pour d’autres tâches sans modifications importantes ». Les Pays-Bas ont également décrit le Maroc comme « un partenaire stable et stratégique dans une région instable », précisant que la vente avait été examinée à l’aune des huit critères de la Position commune de l’Union européenne sur les exportations d’armements — le cadre utilisé par les États membres pour évaluer les risques liés aux droits humains et à la stabilité régionale.

Pourquoi maintenant

Cette commande intervient alors que le Maroc poursuit une vaste montée en puissance navale, articulée autour de sa frégate FREMM Mohammed VI et d’une liste de fournisseurs de plus en plus diversifiée, incluant déjà la France, les États-Unis et, de plus en plus, la Türkiye — à l’image du contrat récent de munitions rôdeuses conclu avec Aerodrive. La menace sous-marine occupe une place croissante dans ce calcul : l’Algérie exploite une flotte de sous-marins de classe Kilo, et l’intérêt du Maroc pour l’acquisition de sous-marins est évoqué depuis plusieurs années sans qu’aucun contrat n’ait été confirmé. Un couple de véhicules de surface dédiés à la guerre des mines et à la lutte anti-sous-marine, même de portée modeste, indique que Rabat entend combler une partie de cet écart par une couverture capteurs persistante, plutôt que d’attendre un programme sous-marin propre.

Ce calendrier s’inscrit également dans une poussée néerlandaise plus large vers les systèmes maritimes sans pilote. Médias24 a noté que la marine néerlandaise elle-même a lancé en 2024 la conception d’un véhicule de surface anti-sous-marin dédié, ce qui signifie que la commande marocaine pourrait constituer une exportation précoce d’une capacité que les Pays-Bas continuent eux-mêmes de développer — un schéma qui n’est pas sans rappeler d’autres programmes marocains, où Rabat a parfois obtenu des créneaux de production précoces sur des systèmes encore en phase de maturation dans leur pays d’origine.

Pourquoi c’est important pour l’Afrique

La capacité de lutte contre les mines reste limitée au sein des marines africaines, la plupart s’appuyant sur des moyens de déminage tractés ou par plongeurs plutôt que sur des véhicules dédiés. Une capacité marocaine de véhicules de surface sans pilote, même limitée à deux unités, ferait du Maroc l’une des premières marines africaines à déployer des moyens de déminage et de lutte anti-sous-marine conçus dès l’origine pour être sans pilote, plutôt que des embarcations de patrouille adaptées. Pour l’ensemble du Maghreb, cela ajoute un nouvel axe, à moindre coût, à la rivalité navale entre le Maroc et l’Algérie : Alger a investi dans des sous-marins et des bâtiments de surface habités, tandis que Rabat mise sur les systèmes sans pilote pour étendre sa portée de surveillance maritime à une fraction du coût. L’accord reste modeste en valeur, mais il illustre la rapidité avec laquelle les systèmes sans pilote deviennent une ligne budgétaire courante dans la modernisation navale africaine, aux côtés des drones aériens qui ont déjà transformé les conflits terrestres du continent.

Sources

  • Military Africa — première reprise de la divulgation gouvernementale néerlandaise et des réactions de la presse marocaine
  • Médias24 — informations sur le développement des USV par le gouvernement néerlandais et les plans d’intégration
  • Ministère néerlandais des Affaires étrangères — lettre de juillet 2026 à la Chambre des représentants sur la licence d’exportation
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Amadou Diallo Auteur/autrice All articles

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