L’armée libanaise peut-elle tenir face au Hezbollah ?

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L’armée régulière du Liban est petite, sous-financée et ne tient debout que grâce aux dons étrangers, tandis que l’acteur armé le plus puissant du pays, le Hezbollah, reste entièrement hors de la chaîne de commandement de l’État. Ce dossier détaille ce que les Forces armées libanaises (FAL) possèdent réellement en 2026, ce que l’on sait de l’arsenal du Hezbollah après deux ans de frappes israéliennes, et pourquoi il est impossible d’additionner les deux pour obtenir un total national unique.

Photo : un convoi des Forces armées libanaises en patrouille. Crédit : FunkMonk, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le Liban n’est pas un cas de figure à une seule armée, et toute réponse à la question « quelle est la force de l’armée libanaise » doit commencer par distinguer deux réalités bien différentes. Les Forces armées libanaises sont l’armée constitutionnelle reconnue : environ 60 000 à 80 000 militaires, aucun avion de chasse, aucun système de défense aérienne, et un parc matériel composé de décennies de dons de seconde main venus des États-Unis, de la France et d’autres partenaires. Le Hezbollah est un mouvement armé non étatique, aligné sur l’Iran, qui a mené une année entière de guerre contre Israël en 2023-2024 et dispose encore de roquettes, de drones et de missiles antichars qui surpassent la puissance de feu des FAL, même après de lourdes pertes. Depuis le cessez-le-feu de novembre 2024, les FAL se sont déployées dans le sud du pays pour tenter de devenir le seul acteur armé de la zone, un processus resté incomplet et contesté. Ce dossier couvre le matériel et le budget vérifiés des FAL, ce que l’on sait de l’arsenal dégradé du Hezbollah, et vers où s’oriente désormais l’aide étrangère.

Chaque chiffre ci-dessous porte un statut : En service, Livré, En cours de livraison, Contractualisé, Commandé, Prévu, Signalé (non confirmé) ou Statut incertain. Le Liban ne publie aucun inventaire public consolidé, le Hezbollah n’en publie aucun du tout, et les estimations en source ouverte pour les deux divergent fortement d’une source à l’autre ; ce dossier signale donc des fourchettes estimées plutôt que d’afficher un chiffre unique à fausse précision.

Le Liban en un coup d’œil, 2026
Indicateur Chiffre Année / source
Effectifs des Forces armées libanaises Environ 60 000 à 80 000 militaires actifs, les estimations divergent ; plus de 7 500 déployés au sud du fleuve Litani 2025-26, EUAA / compilations en source ouverte (Estimé)
Budget de défense des FAL Environ 241 millions de dollars (2023, SIPRI) ; des estimations sectorielles bien plus élevées existent mais ne sont pas réconciliées avec le chiffre SIPRI 2023, SIPRI (dernier chiffre confirmé ; Estimé)
Aide sécuritaire américaine depuis 2006 Plus de 2,5 milliards de dollars d’aide militaire sous forme de dons au Liban ; environ 1,7 milliard dédiés spécifiquement aux FAL Cumulé jusqu’en 2022, Département d’État américain / Ambassade des États-Unis à Beyrouth
Enveloppe saoudienne gelée depuis 2016 Promesse de 3 milliards de dollars gelée en 2016 ; une reprise a été évoquée en mars 2025 mais n’est pas confirmée Gel en 2016 ; demande en 2025, presse régionale (Signalé, non confirmé)
Chars de combat des FAL Environ 115 à 300 chars vieillissants M48A5, M60A3 et T-54/T-55, les comptages en source ouverte divergent nettement 2025-26, Habtoor Research vs GlobalMilitary.net (Estimé, fourchette large)
Avions de chasse des FAL Aucun ; l’armée de l’air se limite à des appareils d’attaque légère/d’entraînement et à des hélicoptères, sans capacité de défense aérienne 2025-26, plusieurs compilations en source ouverte
Stock de roquettes/missiles du Hezbollah Estimé à environ 15-20 % de son arsenal d’avant octobre 2023 après les frappes israéliennes ; les estimations de l’arsenal initial varient de 75 000 à 150 000 projectiles 2024-26, sources militaires et gouvernementales israéliennes (Signalé, non confirmé, fourchette large)

Deux forces armées, pas une : les Forces armées libanaises et le Hezbollah

Tout compte rendu sérieux de la puissance militaire au Liban doit traiter les Forces armées libanaises et le Hezbollah comme deux sujets distincts, car ils le sont. Les FAL constituent l’armée constitutionnelle, commandée via le ministère de la Défense et l’état-major de l’armée, financée à l’écrasante majorité par des dons étrangers et soumise à des obligations de rapport international liées à cette aide. Le Hezbollah est un mouvement islamiste chiite et une milice fondée dans les années 1980 avec le soutien de l’Iran, doté de sa propre structure de commandement, de son propre approvisionnement en armes via l’Iran et historiquement via la Syrie, et de sa propre capacité à décider d’entrer en guerre, indépendamment du cabinet libanais. Depuis des décennies, l’arsenal du Hezbollah est jugé par des sources occidentales et israéliennes comme plus important et plus capable en roquettes, missiles antichars et antinavires que tout ce dont disposent les FAL, même si ces dernières sont les seules reconnues par le droit international comme l’armée du Liban.

L’écart entre les deux forces a atteint une nouvelle phase après l’entrée du Hezbollah dans la guerre Israël-Gaza en soutien au Hamas en octobre 2023, déclenchant une année d’échanges transfrontaliers avec Israël qui a dégénéré en une campagne aérienne complète puis une incursion terrestre à l’automne 2024. Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 27 novembre 2024, dont le cadre prévoyait le retrait du Hezbollah au nord du fleuve Litani et le déploiement des FAL dans la zone évacuée comme seul acteur armé, aux côtés de la présence continue de la FINUL. Les informations recueillies tout au long de 2025 et jusqu’en septembre 2026 montrent que cette première phase, couvrant la zone au sud du Litani, est presque mais pas totalement achevée, tandis qu’une deuxième phase couvrant la zone au nord du fleuve a été qualifiée par le cabinet libanais lui-même de « report calculé » plutôt que d’abandon. Un officier des FAL cité par le Long War Journal de la FDD en septembre 2026 a indiqué qu’un désarmement complet au nord du fleuve nécessiterait un déploiement intégral des FAL, la récupération totale du sud et la fin des frappes israéliennes en cours — des conditions non encore réunies.

Ce dossier ne tente donc pas de produire un total combiné unique de « puissance militaire du Liban ». Les tableaux ci-dessous couvrent l’inventaire déclaré et rapporté des seules FAL. Une section distincte, plus bas, détaille ce que l’on sait de l’arsenal dégradé du Hezbollah après-guerre, sourcé principalement à des évaluations militaires et gouvernementales israéliennes qui ont elles-mêmes un intérêt évident à présenter le Hezbollah comme diminué, et signalé en conséquence. Pour la situation sécuritaire régionale, voir le dossier Moyen-Orient ainsi que les profils de la Jordanie et de l’Irak, deux autres États où des forces non étatiques ou parallèles documentées compliquent un comptage unique.

Budget de défense : dépendant de l’aide, et seulement partiellement visible

Le dernier chiffre confirmé du SIPRI pour les dépenses militaires du Liban s’élève à environ 241 millions de dollars en 2023, en hausse d’environ 10 % par rapport à 2022, dans une économie qui s’est effondrée après 2019 et reste en crise. Ce chiffre mesure les dépenses de l’État libanais et ne couvre pas le flux bien plus large d’équipements, de formation et de soutien salarial fournis par des dons étrangers qui maintiennent les FAL en activité ; des estimations sectorielles du « budget de défense » du Liban se chiffrant en milliards de dollars utilisent une définition différente, plus large, et ne sont pas réconciliées avec la série plus étroite du SIPRI dans les sources examinées pour ce dossier — les deux chiffres sont donc rapportés séparément plutôt que combinés.

Le principal bailleur extérieur a été, de loin, les États-Unis. Le Département d’État et l’ambassade américaine à Beyrouth ont tous deux chiffré l’aide sécuritaire américaine cumulée au Liban à plus de 2,5 milliards de dollars depuis 2006, dont près de 1,7 milliard dédiés spécifiquement aux FAL et plus de 160 millions aux Forces de sécurité intérieure, selon une ventilation du Département d’État de 2018. Un think tank proche d’Israël a cité un chiffre plus élevé de « plus de 3 milliards de dollars », que ce dossier considère comme Signalé mais non confirmé par une source américaine officielle. Les livraisons se sont poursuivies pendant la crise budgétaire des FAL en 2025-26 : un envoi de 47 Humvee et cinq camions aurait atteint le port de Beyrouth dans le cadre des programmes d’aide américains le 29 septembre 2026, selon la presse libanaise citant l’armée elle-même, bien que ce décompte précis doive être traité comme à source unique jusqu’à confirmation indépendante par une déclaration officielle américaine ou des FAL.

Le financement du Golfe a été plus instable. L’Arabie saoudite a gelé en 2016 une enveloppe d’aide militaire de 3 milliards de dollars au Liban, une décision que la presse régionale relie à la fois à l’attaque de l’ambassade saoudienne à Téhéran cette année-là et à l’opposition de Riyad au poids du Hezbollah dans la politique libanaise. Le président Joseph Aoun, élu en janvier 2025 après que la guerre a affaibli le Hezbollah, a fait de l’Arabie saoudite son premier déplacement à l’étranger en tant que président, en mars 2025, et a déclaré à Asharq Al-Awsat qu’il espérait réactiver l’aide gelée. Les sources disponibles pour ce dossier ne confirment pas si cette aide a depuis été restaurée ; elle est donc enregistrée ici comme Signalée (non confirmée) plutôt que Livrée ou Reprise.

Effectifs et structure des forces

Les estimations des effectifs actifs des FAL varient selon la source et la méthode de comptage. Le rapport pays 2025 de l’Agence européenne pour l’asile (EUAA) chiffre les effectifs totaux à environ 80 000, dont 7 522 militaires déployés au sud du fleuve Litani à la mi-2025 dans le cadre du plan post-cessez-le-feu. L’index 2026 de GlobalMilitary.net recense plutôt environ 60 000 militaires actifs. Ce dossier considère le chiffre réel comme Estimé dans la fourchette de 60 000 à 80 000, plutôt que de retenir une source comme faisant autorité. L’armée est organisée en brigades d’infanterie régulière et mécanisée, un nombre réduit d’unités de forces spéciales et de commandos, une armée de l’air et une marine, le tout sous l’autorité du commandant des FAL et du ministère de la Défense libanais ; Joseph Aoun lui-même a commandé les FAL à partir de 2017, avant son élection à la présidence en janvier 2025 — un parcours que la presse régionale juge significatif compte tenu du rôle de l’armée après-guerre.

Armée de terre : un parc blindé vieillissant, des véhicules légers donnés par Washington

Le parc blindé des FAL illustre l’un des cas les plus nets de comptages contradictoires en source ouverte de ce dossier. Un rapport Habtoor Research de 2025 chiffre le total des chars de combat à environ 115, essentiellement des M48A5 et M60A3 américains datant de la Guerre froide. L’index 2026 de GlobalMilitary.net recense au contraire 302 chars, dont 185 T-54, 60 M48A5 et 47 T-55, un mélange qui reflète des décennies de dons dépareillés venus de différents parrains ; le rapport de l’EUAA cite un chiffre intermédiaire d’environ 200. Aucun de ces chiffres ne doit être lu comme précis, et tous décrivent des chars vieux de plusieurs décennies, quel que soit le comptage retenu.

Le matériel plus léger est mieux documenté car les dons américains récents sont rapportés individuellement. Les FAL ont reçu un grand nombre de véhicules blindés de transport de troupes M113 offerts par les États-Unis (environ 1 400 en service, Estimé), ainsi que des livraisons plus réduites et nommées de Humvee blindés, dont un envoi signalé de 47 Humvee et cinq camions débarqués au port de Beyrouth en septembre 2026, et des envois antérieurs de huit véhicules de combat d’infanterie M2 Bradley (sur un total prévu de 32) offerts par Washington. Le soutien français antérieur comprenait dix véhicules antichars VAB Mephisto équipés de missiles HOT, livrés en novembre 2018. L’artillerie comprend des obusiers tractés M198 et d’autres pièces offertes par les États-Unis lors de tranches d’aide antérieures ; aucune capacité d’artillerie automotrice moderne dédiée n’est documentée dans les sources examinées.

Forces armées libanaises : principaux systèmes terrestres, 2026
Système Origine Quantité Statut Source
Char de combat M48A5 / M60A3 États-Unis (don, ère de la Guerre froide) Estimé 60-115+ (comptage contesté) En service Habtoor Research 2025 ; GlobalMilitary.net 2026
Char de combat T-54 / T-55 Stock d’ère soviétique Estimé jusqu’à 232 selon un comptage ; contesté Statut incertain GlobalMilitary.net 2026 (Estimé, contesté)
Véhicule blindé de transport de troupes M113 États-Unis (don) Estimé ~1 400 En service GlobalMilitary.net 2026 (Estimé)
Véhicule de combat d’infanterie M2 Bradley États-Unis (don) 8 livrés sur un don annoncé de 32 véhicules Livré (partiel) ; le reste En cours de livraison / Statut incertain Defence-Blog ; Breaking Defense 2021
Véhicule antichar VAB Mephisto France (don) 10 Livré / En service Alma Center 2025, citant le ministère français des Armées
Humvee (famille M1151/M1152) États-Unis (don, plusieurs tranches depuis 2016) 50 (tranche 2016) plus 47 signalés en septembre 2026 ; total cumulé non confirmé indépendamment Livré / En service Ambassade des États-Unis à Beyrouth 2016 ; presse libanaise (Cedar News, via agrégateurs), septembre 2026

Armée de l’air : ni chasseurs, ni défense aérienne

L’armée de l’air libanaise n’exploite aucun avion de chasse et aucun système de missiles de défense aérienne dédié, une particularité unique parmi les armées étatiques de la région couvertes par cette série. Sa capacité de combat se limite à un petit nombre d’appareils d’attaque légère et d’entraînement : les comptages en source ouverte situent la flotte totale à environ 80 appareils, dont six à neuf avions A-29 Super Tucano d’attaque légère/entraînement fournis par les États-Unis, aux côtés d’hélicoptères utilitaires et d’entraînement UH-1H Huey et autres, utilisés principalement pour le transport, la reconnaissance et l’appui rapproché contre des groupes armés non étatiques plutôt que pour la défense aérienne. Le comptage plus restreint de l’EUAA ne recense qu’environ cinq avions à voilure fixe et 30 hélicoptères, ce qui souligne à quel point les totaux varient selon ce qui est classé comme « appareil ». Aucun réseau radar ou de missiles de défense aérienne libanais n’est documenté publiquement ; la souveraineté de l’espace aérien libanais a au contraire été un point de friction récurrent avec Israël, dont les appareils ont opéré au-dessus du Liban sans capacité d’interception des FAL pour la contester.

Marine : une force côtière construite autour de la coopération avec la FINUL

La marine libanaise est une petite force côtière dont le rôle principal documenté est l’interdiction maritime contre la contrebande d’armes, menée conjointement avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), déployée à la demande du gouvernement libanais lui-même. Les vedettes libanaises, dont des unités nommées dans les rapports de la FINUL comme le Tabarja et le Naqoura, participent à des exercices réguliers d’interdiction maritime aux côtés des frégates de la FINUL ; la marine a également commencé à s’intégrer plus pleinement dans des patrouilles de surveillance maritime bimensuelles avec la FINUL. Aucun grand bâtiment de surface, sous-marin ou batterie de missiles antinavires n’est documenté au sein de la marine libanaise ; son parc repose sur des vedettes rapides, loin de toute capacité de haute mer ou même littorale significative.

Drones, missiles et frappe à longue portée : une lacune côté État, un arsenal côté non étatique

Les FAL elles-mêmes ne sont pas documentées comme exploitant des drones armés ou des missiles de frappe à longue portée ; les informations en source ouverte sur l’usage de drones par l’armée étatique libanaise portent sur de petits appareils de reconnaissance plutôt que sur un quelconque système armé ou à longue portée. La capacité de frappe à longue portée et de précision associée au Liban dans les sources ouvertes appartient presque entièrement au Hezbollah, et non aux FAL, ce qui explique pourquoi ce dossier traite les deux séparément de bout en bout.

Ce que l’on sait de l’arsenal du Hezbollah après-guerre, évalué principalement via des déclarations militaires et gouvernementales israéliennes qui doivent être lues comme Signalées plutôt qu’indépendamment vérifiées : des responsables israéliens ont indiqué fin 2024 qu’environ 80 % des roquettes du Hezbollah d’une portée allant jusqu’à 40 km avaient été détruites, les stocks de roquettes à portée moyenne étant passés, selon ces estimations, d’environ 5 000 à moins de 1 000, et les stocks à courte portée d’environ 44 000 à moins de 10 000. Les missiles à guidage de précision, initialement estimés par Israël à plusieurs centaines d’unités, seraient réduits à moins d’une centaine. Un article du Wall Street Journal citant des responsables israéliens en 2025 chiffrait l’arsenal survivant entre 11 000 et 13 000 projectiles, soit environ 15 % de son total d’avant octobre 2023, tandis que d’autres évaluations israéliennes évoquent une réduction globale de 70 à 80 %. Les estimations de référence d’avant-guerre varient elles-mêmes largement, d’environ 75 000 (Alma Center) à environ 150 000 roquettes et missiles selon d’autres comptages datant de 2023, ce qui explique pourquoi ce dossier rapporte la perte en pourcentage plutôt que de la convertir en un chiffre absolu unique. Malgré ces pertes, le Hezbollah a tiré environ 200 roquettes sur le nord d’Israël en une seule nuit, aussi récemment qu’en mars 2026 selon la presse, ce qui indique une capacité de tir résiduelle même après deux ans d’attrition. La route d’approvisionnement du groupe via la Syrie, un canal historique majeur pour les armes d’origine iranienne, est décrite par des analystes régionaux de la sécurité comme significativement perturbée depuis la chute du gouvernement Assad, bien que les sources ouvertes n’en quantifient pas précisément l’effet.

Industrie de défense et localisation

Le Liban ne dispose d’aucune industrie de défense nationale significative documentée dans les sources examinées pour ce dossier, et aucun des grands programmes d’équipement des FAL n’implique de production locale ou de transfert de technologie du type observé ailleurs dans les profils du Golfe de cette série. Les propres ateliers des FAL, de petite taille, assurent la maintenance et la remise en état du matériel donné plutôt que sa fabrication. Cela correspond à une force dont le modèle d’acquisition est dicté par les dons plutôt que par l’achat : les bailleurs choisissent une large part de ce que reçoivent les FAL, ce qui explique structurellement le dépareillement des générations et des origines nationales de matériel.

Principaux fournisseurs étrangers

Les États-Unis sont de loin le principal fournisseur documenté des FAL, en volume comme en continuité, ayant fourni l’essentiel des véhicules blindés, des armes légères, des avions d’entraînement et des munitions de la force depuis 2006, dans le cadre d’une aide cumulée sous forme de dons dépassant 2,5 milliards de dollars. La France est le partenaire occidental le plus constant ensuite, avec des dons comprenant les véhicules VAB Mephisto et un soutien antérieur sous forme de ligne de crédit convenue lors d’une conférence de donateurs à Rome en 2014. Le Royaume-Uni a également fourni du matériel et de la formation au fil des années, bien que les sources examinées pour ce dossier n’aient pas donné de chiffre comparable en précision aux totaux américain ou français ; le soutien britannique est donc enregistré ici comme Signalé plutôt que quantifié. L’Arabie saoudite a historiquement été un bailleur potentiel majeur via son enveloppe désormais gelée de 2016, dont l’éventuelle relance reste non confirmée. Aucune relation d’approvisionnement russe, chinoise ou turque actuelle et significative avec les FAL n’est documentée dans les sources examinées ; c’est l’un des rares profils de cette série où le paysage des fournisseurs est presque entièrement occidental et fondé sur l’aide plutôt que sur une logique commerciale.

Acquisitions et aide récentes : chronologie sur douze mois

Liban : aide militaire et acquisitions signalées, fin 2025 – octobre 2026
Date Événement Valeur Statut
Janvier 2025 Joseph Aoun, ancien commandant des FAL, élu président du Liban — Événement politique confirmé, non une acquisition
Mars 2025 Premier déplacement à l’étranger du président Aoun, en Arabie saoudite, évoquant une possible réactivation de l’enveloppe saoudienne gelée de 3 milliards de dollars (2016) Jusqu’à 3 milliards de dollars (en cas de relance) Signalé (non confirmé) ; issue non établie dans les sources examinées
Durant 2025 Les FAL rapportent des progrès dans le déploiement de leurs forces au sud du fleuve Litani, dans le cadre du cessez-le-feu de novembre 2024 — En cours / Signalé comme largement achevé par certains responsables, contesté par des évaluations israéliennes
Janvier 2026 Les discussions du cabinet libanais sur le désarmement au nord du fleuve Litani s’achèvent sans décision, qualifiées par des responsables de « report calculé » — Statut incertain / Prévu, aucun calendrier fixé
Septembre 2026 Les FAL renforcent leurs positions à Nabatieh ; des officiers précisent que ce déploiement ne constitue pas une opération de désarmement du Hezbollah dans la ville — Déploiement confirmé ; portée du désarmement explicitement contestée
29 septembre 2026 Une livraison financée par les États-Unis de Humvee et de camions atteint le port de Beyrouth, selon la presse libanaise citant l’armée 47 Humvee, 5 camions (signalé) Livré (comptage à source unique)

Priorités de modernisation et évolutions en cours

Les priorités documentées des FAL relèvent moins de l’acquisition de nouvelles capacités que du maintien et de la lente modernisation de l’existant, tout en absorbant un rôle opérationnel accru dans le sud. Le plan post-cessez-le-feu engage l’armée à devenir, à terme, le seul acteur armé entre la Ligne bleue et le fleuve Litani, une mission qui, selon les propres officiers des FAL, exige davantage de troupes, un soutien logistique renforcé et un financement étranger continu avant de pouvoir être étendue au nord du fleuve. La démarche du président Aoun pour renouer avec les bailleurs du Golfe, et en particulier pour tester si l’Arabie saoudite restaurera son enveloppe gelée, constitue la question de financement la plus déterminante pour la force à l’approche de 2027, bien que son issue reste non résolue dans les sources disponibles. Du côté américain, la poursuite des livraisons de Humvee et de véhicules jusqu’en septembre 2026 indique que le programme d’assistance de Washington reste actif, malgré les révisions plus larges de l’aide étrangère américaine ailleurs dans la région en 2025-26 ; ce dossier n’a toutefois trouvé aucun bilan 2026 complet et daté du niveau total du financement américain permettant une comparaison avec les années précédentes.

Remarque sur les chiffres

Le Liban est l’un des sujets les plus difficiles à quantifier avec certitude dans cette série. Les FAL ne publient aucun inventaire public, si bien que chaque comptage de matériel présenté ici remonte à des compilations en source ouverte (Habtoor Research, GlobalMilitary.net, l’Agence européenne pour l’asile) qui divergent entre elles d’un facteur deux ou plus sur les chars et les avions. L’arsenal du Hezbollah est encore moins vérifiable : chaque chiffre de ce dossier concernant les roquettes et missiles du Hezbollah provient de sources militaires ou gouvernementales israéliennes, qui ont un intérêt manifeste à présenter le groupe comme affaibli, et aucune vérification indépendante, non israélienne, des totaux d’après-guerre n’a été trouvée. Lorsque ce dossier donne une fourchette plutôt qu’un chiffre unique, c’est la fourchette, et non l’une ou l’autre de ses bornes, qu’il faut retenir.

Sources

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Amadou Diallo Auteur/autrice All articles

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