Pourquoi la Côte d’Ivoire a-t-elle acheté le Wing Loong II ?
La Côte d’Ivoire a acheté deux drones armés Wing Loong II parce que sa frontière nord avec le Burkina Faso et le Mali est devenue, depuis l’attaque de Kafolo en juin 2020, la porte d’entrée des groupes jihadistes du Sahel, et que ses seuls drones étaient des mini-appareils de 15 kilos portant à 50 kilomètres. Le ministère de la Défense a justifié le contrat signé en juin 2024 avec le chinois CATIC par la nécessité de « mieux sécuriser son espace aérien » en renforçant les « capacités opérationnelles et de dissuasion » des FACI face au terrorisme. Les deux appareils volent aujourd’hui depuis Bouaké pour des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, avec une capacité d’appui-feu que l’armée ivoirienne a elle-même revendiquée.
Photo : A Chinese air force GJ-2, the domestic version of the Wing Loong II, behind a GJ-1 at the Changchun Airshow, September 2025. Côte d'Ivoire's two Wing Loong IIs were revealed at Bouaké in August 2026. Photo: 颐园居 via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Credit: 颐园居 (Wikimedia Commons user), CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
- Pays
- Côte d’Ivoire
- Système
- Wing Loong II, drone MALE armé
- Fournisseur
- AVIC / CATIC (Chine)
- Quantité
- 2 confirmés en vidéo
- Année du contrat
- 2024 (signé le 14 juin 2024)
- Statut
- OPERATIONAL
- Besoin principal
- Surveillance permanente de la frontière nord et du débordement sahélien ; appui-feu
- Formation
- Non rendue publique
- Production locale
- Aucune signalée
- Alternatives connues
- Aucune compétition documentée ; TB2, Akinci et CH-4/CH-5 sont des alternatives de marché de même classe
De quoi l’armée ivoirienne avait-elle besoin au nord ?
Tout commence dans la nuit du 10 au 11 juin 2020, quand des hommes armés attaquent le poste mixte armée-gendarmerie de Kafolo, village du nord-est collé à la frontière burkinabè, et tuent quatorze soldats ivoiriens. France 24 rapporte que l’assaut est attribué à des jihadistes venus du Sahel. Le 7 juin 2021, une nouvelle attaque à Tougbo, dans le département de Bouna, coûte la vie à un militaire ; c’est la troisième en un peu plus de deux mois sur cette portion de frontière.
Ces attaques ont changé le regard d’Abidjan sur ses districts du nord. La savane qui longe la Comoé est peu peuplée, loin des grandes garnisons, et fait face à certaines des provinces les plus violentes du Burkina Faso. Les patrouilles au sol pouvaient réagir ; elles ne pouvaient pas tenir des centaines de kilomètres de brousse sous surveillance jour et nuit. Le besoin était celui d’un œil permanent dans le ciel, capable de frapper ce qu’il repère avant que le groupe attaquant ne repasse la frontière.
Le guide commercial américain consacré à la Côte d’Ivoire, mis à jour en mai 2026, cite la surveillance des frontières, la sécurité maritime et l’acquisition de drones « pour des missions de surveillance, de contrôle des frontières et de logistique » parmi les priorités affichées des forces armées. Le communiqué du ministère de la Défense de juin 2024 va dans le même sens : il s’agit « de mieux sécuriser son espace aérien à travers le renforcement des capacités opérationnelles et de dissuasion des Forces Armées de Côte d’Ivoire face aux défis sécuritaires actuels, notamment dans la lutte contre le terrorisme ». C’est, à ce jour, la seule motivation officiellement exprimée, et cet article la traite comme telle.
Un second besoin, plus discret, est maritime : Military Africa rapporte que la surveillance du littoral et du golfe de Guinée faisait partie de la réflexion autour d’une plateforme à longue endurance. Cette motivation est rapportée, pas officielle.
Quels moyens aériens les FACI alignaient-elles déjà ?
Avant 2026, l’armée de l’Air ivoirienne ne disposait d’aucun drone MALE (moyenne altitude, longue endurance). Sa flotte sans pilote se résumait à quatre mini-drones Delair DT-26 commandés en décembre 2021, précisément pour surveiller la frontière nord après Kafolo et Tougbo. Le DT-26 est un appareil de 15 kilos lancé par catapulte, avec environ 170 minutes d’autonomie et une liaison de 50 kilomètres. Excellent capteur tactique pour un bataillon, il ne peut pas tenir une région entière sous observation pendant une journée.
Côté appareils pilotés, la presse ivoirienne spécialisée recense deux hélicoptères d’attaque Mi-24 et deux Mi-17 achetés en 2020 via un intermédiaire bulgare, un Airbus C295 réceptionné à Port-Bouët en novembre 2023 et deux Beechcraft King Air 360 intégrés en 2024 pour la surveillance maritime, plus trois AS350 Écureuil que Zone Militaire cite parmi les rares matériels fournis par la France ces dernières années. Du transport, un peu d’hélicoptère d’attaque, un avion de patrouille maritime : rien qui puisse rester vingt heures au-dessus de la Comoé et frapper.
Le défilé du 7 août 2026 à Yopougon a montré le chemin parcouru entre-temps. Selon le programme détaillé par LSI Africa, les FACI y ont présenté des drones tactiques COMET-L d’environ sept heures d’autonomie et 100 kilomètres de rayon d’action, des multirotors Tundra 2 et, pour la première fois, les deux Wing Loong II. Le MALE coiffe désormais une flotte étagée ; il ne la remplace pas.

Wing Loong 2 en Côte d’Ivoire : quel appareil exactement ?
Le Wing Loong II est un drone de combat MALE conçu par l’institut de Chengdu du groupe AVIC et exporté par la société d’État CATIC. Dans l’Armée populaire de libération, il porte la désignation GJ-2. D’après les données publiées par DefenceMENA et defenceWeb, l’appareil affiche une masse maximale au décollage d’environ 4 200 kilos, une envergure de 20,5 mètres, un plafond d’environ 9 000 mètres et une charge utile de 480 kilos répartie sur six points d’emport. Military Africa avance une endurance de 31 à 32 heures en configuration de surveillance pure et d’environ 26 heures en configuration armée ; DefenceMENA retient une fourchette plus prudente de 20 à 30 heures. Ce sont des chiffres constructeur, pas des mesures ivoiriennes.
La vidéo diffusée par les FACI le 10 août 2026 en dit un peu plus sur la configuration ivoirienne. Jeremy Binnie, de Janes, a relevé qu’un des deux appareils portait sous le fuselage un pod « semblable au pod de renseignement sur les communications (COMINT) » vu sur d’autres Wing Loong II, et que le commentaire de la vidéo précisait que les drones « peuvent assurer l’appui-feu aussi bien que mener des missions ISR ». Les appareils filmés étaient par ailleurs non armés, avec une tourelle électro-optique et infrarouge sous le nez. Dès le 7 août, le commentaire du défilé les présentait comme « équipés de moyens de surveillance électronique » et capables d’« emporter missiles et bombes ». Rien n’indique publiquement si des munitions ont été livrées.
La Côte d’Ivoire devient ainsi le deuxième opérateur ouest-africain du type après le Nigeria, qui a reçu ses deux premiers Wing Loong II en novembre 2020. La liste des pays africains opérant le Wing Loong, tenue par DefenceMENA, couvre aussi l’Égypte, l’Algérie, le Maroc et l’Éthiopie.
Y a-t-il eu une compétition entre fournisseurs ?
Aucune compétition n’est documentée. L’Agence ivoirienne de presse a annoncé le contrat CATIC de juin 2024 comme un accord signé, pas comme l’issue d’un appel d’offres, et aucune source ivoirienne ne décrit l’évaluation d’un autre drone MALE. Une tribune publiée le 14 février 2022 sur Connectionivoirienne estimait que le Bayraktar TB2 turc « pourrait intéresser » la Côte d’Ivoire, mais elle émanait d’un commentateur de la société civile et ne rapportait aucun intérêt gouvernemental. Le tableau liste donc des alternatives de marché de même classe, pas des concurrents.
| Alternative | Classe | Statut de la prise en compte | Source |
|---|---|---|---|
| Baykar Bayraktar TB2 (Türkiye) | Drone tactique/MALE armé | SAME-CLASS MARKET ALTERNATIVE ; une tribune ivoirienne de février 2022 plaidait pour son achat, aucun intérêt officiel documenté | Connectionivoirienne, 14 fév. 2022 |
| Baykar Bayraktar Akinci (Türkiye) | Drone HALE armé | SAME-CLASS MARKET ALTERNATIVE ; aucune prise en compte ivoirienne documentée | Couverture opérateurs DefenceMENA |
| CASC CH-4 / CH-5 (Chine) | Drone MALE armé | SAME-CLASS MARKET ALTERNATIVE ; aucune prise en compte ivoirienne documentée | Comparatif DefenceMENA |
| Delair DT-26 (France) | Mini-drone | Déjà en service depuis 2021 ; une autre classe, pas une alternative | Military Africa, 22 déc. 2021 |
Pour les systèmes turcs cités ici et leur place sur le continent, voir le dossier de DefenceMENA sur les systèmes turcs dans les armées africaines.
Pourquoi Abidjan a-t-elle choisi le drone chinois ?
Sans appel d’offres ni entretien ministériel sur le choix lui-même, les raisons se reconstituent à partir du communiqué officiel, du paquet dans lequel les drones sont arrivés et de ce que les médias fiables ont rapporté. Chaque facteur porte son étiquette de certitude.
Surveiller la frontière nord et lutter contre le terrorisme (motivation officiellement déclarée). Le communiqué de juin 2024 nomme le terrorisme comme le défi auquel l’acquisition doit répondre, et le commentaire des FACI d’août 2026 décrit l’ISR et l’appui-feu comme les missions. Lu à la lumière de Kafolo et de Tougbo, le raisonnement est limpide : Abidjan voulait un capteur capable de tenir la bande frontalière une journée entière et une arme capable d’agir sur ce qu’il voit. L’endurance et les six points d’emport du Wing Loong II répondent directement à ce cahier des charges.
Un seul contrat, un paquet complet pour l’armée de l’Air (documenté par l’AIP, détaillé par Zone Militaire). Le compte rendu de l’AIP sur la signature du 14 juin 2024 entre le ministre d’État Téné Birahima Ouattara et le vice-président de CATIC, Hu Guangxi, parle de « vecteurs aériens de dernière génération » sans nommer de type. Zone Militaire et Military Africa ont rapporté par la suite que le même contrat couvre quatre hélicoptères Harbin Z-9 et trois avions d’entraînement et d’attaque légère Hongdu K-8/JL-8, ces derniers attendus avant fin 2026. Acheter drones, hélicoptères et jets auprès d’une seule maison de commerce simplifie le financement, la formation et les rechanges pour une petite armée de l’Air ; c’est une analyse, mais le fait du contrat unique, lui, est documenté.
Une relation chinoise déjà installée (rapporté par defenceWeb). Les drones ne sont pas arrivés dans le vide. defenceWeb rappelle en août 2026 la livraison de transports de troupes chinois WZ-551 en 2021-22, de véhicules d’assaut VN-22B en 2022 et de blindés VP-11 en 2023, et le 2 juillet 2026 la marine ivoirienne a admis au service deux patrouilleurs de 27 mètres offerts par Pékin, le Capitaine de Vaisseau Blamassi et le Capitaine de Frégate Sanogo. À cette cérémonie, le ministre Ouattara a salué « la force du partenariat stratégique entre la Chine et la Côte d’Ivoire ». Le contrat aérien s’inscrit dans une relation qui couvrait déjà le terrestre et le naval.
Diversifier les fournisseurs au-delà de la France (évaluation d’analystes). Zone Militaire note que, hormis trois AS350 et des mini-drones, Paris avait peu livré à l’armée de l’Air ivoirienne ces dernières années, et rappelle la destruction d’avions ivoiriens à Bouaké par les forces françaises en novembre 2004. Que la Chine ait été choisie parce que la France n’aurait pas vendu de drone MALE est possible mais non confirmé : aucun responsable ivoirien ne l’a dit, aucun refus français n’est documenté.
L’exemple des voisins (évaluation d’analystes). En 2024, les deux voisins du nord employaient déjà des drones armés contre les mêmes groupes : le Burkina Faso a reçu des Bayraktar TB2 en 2022 et le Mali en 2022-23, selon les relevés de DefenceMENA, tandis que le Nigeria faisait voler le Wing Loong II depuis 2020. C’est du contexte, pas un argument documenté côté ivoirien.
Ce qui manque au dossier compte autant. Aucune source ivoirienne n’a invoqué le prix, et rien n’indique que la Côte d’Ivoire se soit vu proposer, ou refuser, un autre drone MALE. En résumé : le Wing Loong II a été retenu dans un paquet aéronautique chinois plus large, pour une mission antiterroriste officiellement déclarée, auprès d’un fournisseur avec lequel Abidjan entretenait déjà une relation active.
Que contient le contrat avec CATIC ?
Le document signé n’a pas été publié. Zone Militaire et Military Africa rapportent que l’accord de juin 2024 porte sur deux Wing Loong II, quatre hélicoptères Harbin Z-9 (dérivé chinois du Dauphin) et trois K-8/JL-8, des avions d’entraînement dotés d’une capacité d’attaque légère. Stations de contrôle au sol, rechanges, munitions, formation ou infrastructures à Bouaké : rien n’est rendu public. Le pod de type COMINT aperçu sur un appareil suggère qu’au moins une charge spécialisée a été livrée, mais c’est une observation tirée d’une vidéo, pas une ligne de contrat.
Combien la Côte d’Ivoire a-t-elle payé ?
Le montant du contrat n’est pas rendu public. Aucun document budgétaire ni communiqué consulté pour cet article ne chiffre le contrat CATIC ni les drones seuls, et les estimations qui circulent sur le prix unitaire du Wing Loong II ne sont pas des données ivoiriennes. Ce qui est documenté, c’est l’ordre de grandeur du budget : le budget-programme 2026 du ministère de la Défense a été présenté à la commission des affaires économiques et financières du Sénat le 9 décembre 2025 à 481,04 milliards de francs CFA, et LSI Africa, citant le SIPRI, situe les dépenses militaires ivoiriennes de 2025 autour de 759 millions de dollars, un record depuis l’indépendance. Military Africa évoque une enveloppe de 2 milliards de dollars pour la modernisation de la défense et de la sécurité ; ce chiffre est rapporté, sans document ivoirien publié à l’appui, et doit être lu comme un contexte, pas comme le prix de ce contrat.
Combien de drones ont été livrés ?
Deux appareils sont confirmés. La vidéo des FACI du 10 août 2026 en montre deux à Bouaké, et Janes, Zone Militaire, Military Africa et defenceWeb en rapportent tous deux. Les médias ivoiriens ont pris soin d’écrire qu’au moins deux avaient été vus et que le total n’avait pas été annoncé. Cet article retient le chiffre de deux tant que le ministère n’en dit pas plus.
Formation, maintenance et soutien
Non rendus publics. Aucune source consultée ne précise où les opérateurs et techniciens ivoiriens ont été formés, si du personnel de CATIC ou d’AVIC est présent à Bouaké, ni quel contrat de soutien accompagne la flotte. Les deux années entre signature et révélation cadrent avec une phase de formation et d’infrastructures, mais c’est une déduction.
Production locale ou transfert de technologie
Rien de signalé. Aucun indice d’assemblage ivoirien, de dépôt de maintenance local ou de clause de transfert de technologie, et la Côte d’Ivoire n’a pas d’industrie aéronautique pour les absorber.
Livraison et mise en service à Bouaké
Le reportage de DefenceMENA de septembre 2026 situe l’arrivée des appareils à Bouaké en mai ou juin 2026 ; cette date est rapportée, pas officielle. La trace publique commence le 7 août 2026, lorsqu’un commentateur de la télévision mentionne l’acquisition pendant le défilé de Yopougon, alors qu’aucun appareil n’a survolé la tribune. Trois jours plus tard, les FACI diffusent la vidéo de deux appareils à Bouaké, et Zone Militaire rapporte qu’ils mènent déjà des missions ISR et d’appui-feu. Statut d’acquisition : OPERATIONAL.
- 10-11 juin 2020Attaque jihadiste du poste de Kafolo, à la frontière burkinabè : quatorze soldats ivoiriens tués.
- 7 juin 2021Attaque à Tougbo, département de Bouna : un soldat tué ; troisième attaque en un peu plus de deux mois.
- Déc. 2021Commande de quatre mini-drones Delair DT-26 pour surveiller la frontière nord.
- 14 juin 2024Le ministre d’État Téné Birahima Ouattara et le vice-président de CATIC Hu Guangxi signent un contrat pour des « vecteurs aériens de dernière génération » (AIP, 18 juin 2024).
- Mai-juin 2026Arrivée rapportée des deux Wing Loong II à Bouaké (DefenceMENA).
- 2 juil. 2026Admission au service de deux patrouilleurs offerts par la Chine à Abidjan ; le ministre évoque le « partenariat stratégique » avec Pékin.
- 7 août 2026Le commentaire du défilé de l’indépendance révèle l’acquisition des Wing Loong II.
- 10 août 2026Vidéo des FACI montrant deux Wing Loong II à Bouaké ; missions ISR et d’appui-feu décrites.
- Fin 2026Trois K-8/JL-8 du même contrat attendus (rapporté).
Bouaké est un choix logique : au centre du pays, à égale distance du littoral et de la frontière nord, la base permet à un drone MALE de couvrir la Comoé, la frontière burkinabè et le golfe de Guinée en une même sortie. Le reportage de DefenceMENA sur le déploiement de Bouaké détaille la base.
Le drone militaire ivoirien a-t-il déjà servi ?
Oui, au niveau des missions. Zone Militaire rapportait en août 2026 que les deux appareils menaient des missions ISR et, à l’occasion, d’appui-feu depuis Bouaké, et le commentaire des FACI confirme les deux rôles. Aucune frappe n’a été publiquement attribuée à un Wing Loong II ivoirien, aucun engagement n’a été décrit par le ministère et aucune perte n’a été signalée.
Qu’enseigne l’emploi opérationnel jusqu’ici ?
Peu de choses publiques pour l’instant. Le pod de type COMINT sur l’un des appareils suggère que les FACI comptent l’employer pour la surveillance électronique le long de la frontière, une mission hors de portée du DT-26, et la presse ivoirienne précise que les drones sont destinés à la surveillance des frontières du nord. L’armée n’a publié ni nombre de sorties, ni zones d’opération, ni résultats ; cet article sera mis à jour quand elle le fera.
Une seconde commande est-elle prévue ?
Aucune commande complémentaire de Wing Loong II n’est rapportée. Le reste du contrat de 2024, les trois K-8 et les quatre Z-9, reste à livrer selon Zone Militaire et Military Africa. Un second lot de drones MALE dépendra des performances des deux premiers et de la ligne budgétaire qui les finance.
Ce que ce dossier dit des équipements de l’armée ivoirienne en 2025-2026
Le cas ivoirien est un modèle d’acquisition discrète. Le contrat a été annoncé en juin 2024 comme un fait accompli, sans type, sans quantité, sans montant, et plus rien n’a filtré pendant vingt-six mois jusqu’à ce qu’un commentateur de défilé lâche le nom. Dans la région, la première preuve publique d’un programme MALE est souvent une vidéo de l’appareil sur le tarmac, et la décision doit être reconstituée après coup.
Deuxième leçon : la logique du paquet. La Côte d’Ivoire n’a pas acheté un drone, elle a acheté un incrément d’armée de l’Air auprès d’une seule maison de commerce, hélicoptères et jets compris. Pour une petite aviation militaire sans base industrielle, regrouper réduit les filières de formation, les chaînes de rechanges et les négociations financières. Cela accroît aussi la dépendance envers un fournisseur, et Abidjan a continué en parallèle d’acheter des blindés turcs, des patrouilleurs israéliens, un C295 et des King Air. Le paquet chinois est un fil d’une trame délibérément mixte plutôt qu’un basculement, une tendance que DefenceMENA a suivie dans son analyse sur les raisons des achats de drones chinois en Afrique.
Troisième leçon : le débordement sahélien dicte désormais les achats sur la côte du golfe de Guinée. Le premier achat de drones ivoirien en 2021 et le premier MALE en 2024 remontent tous deux aux attaques de la frontière burkinabè, et le Togo, soumis à la même pression, a mis des TB2 en service en 2022.
Enfin, les termes restent opaques. Prix, formation, soutien et munitions ne sont pas divulgués, et l’enveloppe de « 2 milliards de dollars » qui circule dans la presse n’a aucun document ivoirien publié derrière elle. Tant qu’un rapport parlementaire ou un audit ne fera pas surface, le dossier tient en une ligne : deux appareils, une motivation documentée, une base confirmée et un contrat dont le contenu n’est connu que par la presse.
Fiche d’acquisition
| Champ | Valeur |
|---|---|
| Pays | Côte d’Ivoire |
| Armée | Forces Armées de Côte d’Ivoire (FACI), armée de l’Air |
| Système | Wing Loong II (GJ-2), drone MALE armé |
| Constructeur | Institut de conception de Chengdu (AVIC) ; exporté via CATIC |
| Origine | Chine |
| Catégorie | UCAV (MALE) |
| Besoin | ISR permanent sur la frontière nord et la zone de débordement sahélien ; appui-feu ; surveillance côtière (rapporté) |
| Date de commande | Non précisée ; couverte par le contrat de juin 2024 |
| Date du contrat | 14 juin 2024 (AIP) |
| Quantité | 2 confirmés en vidéo ; total non annoncé |
| Montant du contrat | Non rendu public (le paquet couvrirait aussi 4 hélicoptères Z-9 et 3 K-8/JL-8) |
| Livraison | Rapportée mai-juin 2026 ; confirmée publiquement le 10 août 2026 |
| Statut opérationnel | OPERATIONAL |
| Formation | Non rendue publique |
| Soutien | Non rendu public |
| Production locale | Aucune signalée |
| Transfert de technologie | Aucun signalé |
| Concurrents confirmés | Aucun documenté |
| Commande complémentaire | Aucune rapportée |
| Source principale | AIP, 18 juin 2024 ; Janes, août 2026 ; vidéo FACI, 10 août 2026 |
| Dernière vérification | 5 octobre 2026 |
FAQ
La Côte d’Ivoire a-t-elle des drones Wing Loong 2 ?
Oui. Les Forces armées de Côte d’Ivoire ont confirmé le 10 août 2026, dans une vidéo tournée sur la base aérienne de Bouaké, qu’elles opèrent deux drones MALE Wing Loong II de fabrication chinoise. L’acquisition avait été évoquée à la télévision pendant le défilé de l’indépendance du 7 août 2026.
Quand la Côte d’Ivoire a-t-elle acheté le Wing Loong 2 ?
Le contrat a été signé le 14 juin 2024 à Abidjan entre le ministre d’État chargé de la Défense, Téné Birahima Ouattara, et le vice-président de CATIC, Hu Guangxi. L’annonce officielle parlait seulement de « vecteurs aériens de dernière génération » ; le type a été révélé en août 2026.
Pourquoi la Côte d’Ivoire a-t-elle choisi un drone militaire chinois ?
La raison officielle est de sécuriser l’espace aérien ivoirien en renforçant les capacités opérationnelles et de dissuasion des FACI face au terrorisme, après les attaques jihadistes de 2020 et 2021 sur la frontière nord. Les drones font partie d’un paquet aéronautique chinois plus large qui comprendrait des hélicoptères Z-9 et des K-8. Ni le prix ni un refus français ne sont des motivations documentées.
Où sont basés les drones militaires de la Côte d’Ivoire ?
Sur la base aérienne de Bouaké, au centre du pays, d’où ils peuvent atteindre aussi bien la bande frontalière du nord que le littoral du golfe de Guinée. La vidéo des FACI du 10 août 2026 y a été tournée.
Les Wing Loong II ivoiriens sont-ils armés ?
Les appareils montrés en août 2026 étaient non armés, avec une tourelle électro-optique et infrarouge et, sur l’un d’eux, un pod que Janes a jugé semblable à un pod de renseignement sur les communications. Le commentaire des FACI indique qu’ils peuvent assurer l’appui-feu en plus des missions ISR. La livraison de munitions n’est pas rendue publique.
Combien ont coûté les Wing Loong 2 de la Côte d’Ivoire ?
Le montant n’est pas rendu public. Aucun document officiel ivoirien ne chiffre le contrat CATIC de juin 2024 ni les deux drones. Les chiffres qui circulent sur le prix unitaire du type sont des estimations d’analystes, pas des données ivoiriennes.
Quels équipements l’armée ivoirienne a-t-elle reçus en 2025-2026 ?
Outre les deux Wing Loong II révélés en août 2026, les sources consultées citent deux patrouilleurs offerts par la Chine admis au service le 2 juillet 2026, des drones tactiques COMET-L et Tundra 2 présentés au défilé du 7 août 2026, et trois K-8/JL-8 attendus avant fin 2026 au titre du même contrat CATIC. Les King Air 360 de surveillance maritime sont arrivés en 2024.
À lire aussi dans Why They Bought It
Sources
- Agence Ivoirienne de Presse – Partenariat : La Côte d’Ivoire se dote de vecteurs aériens de dernière génération (18 juin 2024)
- US International Trade Administration – Côte d’Ivoire Country Commercial Guide: Defense (27 mai 2026)
- Janes – Côte d’Ivoire unveils Wing Loong II UAVs (août 2026)
- Zone Militaire (Opex360) – La Côte d’Ivoire a fait l’acquisition de deux drones MALE Wing Loong 2 auprès de la Chine (13 août 2026)
- Military Africa – Ivory Coast confirms Chinese Wing Loong II drones (21 août 2026)
- defenceWeb – Côte d’Ivoire boosts military capabilities with new Chinese patrol vessels and drones (18 août 2026)
- Yessouan.ci – Côte d’Ivoire : les drones Wing Loong II renforcent les capacités militaires des FACI (14 août 2026)
- Zappingmedias – Bouaké : le mystère des nouveaux drones chinois de la Côte d’Ivoire enfin dévoilé (14 août 2026)
- LSI Africa – Côte d’Ivoire, festivités du 7 août : Abidjan va sortir l’artillerie lourde (août 2026)
- KOACI – Budget-programme du ministère de la Défense 2026 : 481 milliards (10 décembre 2025)
- Military Africa – Ivory Coast to monitor northern borders with Delair DT-26 surveillance drones (22 décembre 2021)
- Connectionivoirienne – L’armée de l’Air ivoirienne opère un renforcement capacitaire à grande vitesse (29 avril 2025)
- Connectionivoirienne – Le drone turc Bayraktar TB2, une arme redoutable qui pourrait intéresser la Côte d’Ivoire (14 février 2022, tribune)
- France 24 – Côte d’Ivoire : une nouvelle attaque à la frontière avec le Burkina Faso (8 juin 2021)
- Abidjan.net – Un budget de 2 254 milliards F CFA pour doter la Côte d’Ivoire d’une armée (19 décembre 2015)
- DefenceMENA – Côte d’Ivoire’s Wing Loong II drones at Bouaké (26 septembre 2026)
- DefenceMENA – Which African countries operate the Bayraktar TB2? (2026)
Dernière mise à jour : 5 octobre 2026. Cet article est mis à jour en place à chaque évolution du statut d’acquisition.





