Un drone iranien frappe une base de Komala près d’Erbil ; le groupe ne signale aucune victime, le CGRI revendique de lourdes pertes
Un drone chargé d’explosifs a frappé une base du mouvement d’opposition kurde iranien Komala dans la vallée d’Alana, secteur de Balisan, à environ 90 km au nord-est d’Erbil, dans la région du Kurdistan irakien, vers 22 heures (heure locale) le samedi 24 octobre 2026. Komala accuse le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et fait état de dégâts matériels mais d’aucune victime. Les forces terrestres du CGRI ont revendiqué l’opération dimanche et affirment avoir infligé de lourdes pertes au groupe.
Ce que dit chaque partie
Dans un communiqué rapporté par Rudaw, Komala indique qu’une de ses bases a été touchée par un drone explosif de type Shahed et que ses peshmergas présents sur place sont sains et saufs. Une source sécuritaire a déclaré samedi soir à Shafaq News qu’un drone avait visé un camp de Komala dans la vallée d’Alana, district de Khalifan, province d’Erbil. Reuters, citant des sources sécuritaires, a également fait état de la frappe, selon Iran International.
L’agence iranienne Mehr a affirmé dimanche matin que les forces terrestres du CGRI avaient visé le quartier général du groupe à Balisan lors d’une opération de drones qualifiée de mesure offensive préventive. Selon Mehr, une première évaluation fait état de « dégâts et de pertes importants », sans chiffres. Cette affirmation contredit le communiqué de Komala et n’a pas été vérifiée de manière indépendante.
La frappe elle-même est confirmée par le groupe visé, par la partie iranienne et par des sources sécuritaires kurdes irakiennes. Le bilan humain reste contesté. Les médias ne désignent pas tous l’organisation de la même façon, et Komala s’est divisé en plusieurs factions au fil des ans ; DefenceMENA n’a pas pu établir quelle faction occupe la base de la vallée d’Alana.
Une série de frappes transfrontalières
Ce n’est pas la première attaque de ce type ce mois-ci. Le mercredi 21 octobre, au moins deux projectiles tirés depuis l’Iran ont touché des positions du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) dans la vallée de Balisan, sans faire de victimes, a déclaré un porte-parole du PAK à Rudaw. Une source sécuritaire a indiqué au média que deux drones d’attaque iraniens Hadid-110 avaient été utilisés. La semaine précédente, selon Rudaw, deux drones iraniens avaient frappé une base d’une autre faction de Komala à Balisan, endommageant des bâtiments et un poste de garde.
Téhéran frappe régulièrement les groupes d’opposition kurdes iraniens installés dans la région du Kurdistan depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février 2026, en les accusant de menacer sa sécurité.
L’accord de sécurité entre Bagdad et Téhéran
L’Irak et l’Iran ont signé en mars 2023 un accord de sécurité par lequel Bagdad s’engageait à désarmer les groupes d’opposition kurdes iraniens et à les éloigner de la frontière. L’Iran a continué à frapper leurs positions malgré cet accord. La semaine dernière, l’ambassadeur d’Iran à Bagdad a affirmé que les deux gouvernements étaient convenus d’expulser ces groupes de la région du Kurdistan ou de les remettre à Téhéran. Un responsable irakien présent à la réunion a démenti tout accord de ce type, selon Rudaw, et plusieurs partis ont affirmé que ni Bagdad ni Erbil ne leur avaient notifié une telle décision.
Ni le gouvernement fédéral irakien ni le gouvernement régional du Kurdistan ne s’étaient exprimés publiquement sur la frappe de samedi au moment de la publication. Pour le contexte sur les différentes forces armées et de sécurité irakiennes, voir la présentation de DefenceMENA sur l’armée irakienne en 2026.





